Et si l’Europe faisait du licenciement économique?

7939589-un-maillet-en-cour-avec-un-drapeau-europeen-en-arriere-plan (1)Lorsqu’une entreprise est en difficulté, elle licencie pour dégager une marge qui lui permette de créer à nouveau de la richesse et de l’emploi. Par ailleurs, certaines entreprises de grande taille peuvent y avoir recours pour garantir les fameux dividendes fixés par les actionnaires. C’est ce qu’on appelle couramment du licenciement pour motif économique. Dans la mesure où l’Europe est gouvernée comme une entreprise, imaginons que Bruxelles s’y mette aussi.

Les Etats-membres sont en grande difficulté économique et n’arrivent toujours pas à relancer la croissance. Parmi ces Etats, certains créent de la richesse, mais le danger vient surtout des maillons faibles capables faire sombrer à n’importe quel moment tous les pays européens, dont ceux en pleine croissance. Dans la logique d’une entreprise en difficulté, les employés défaillants, susceptibles de faire couler la boîte sont poussés vers la sortie. Ainsi, Bruxelles pourrait décider de licencier économiquement les Etats en difficulté pour éviter un effet domino, car c’est bien ce que se passe aujourd’hui avec toutes les conséquences politiques et sociales que ça entraîne. Pour être plus clair, sortir certains Etats de la zone euro et de l’union « économique » européenne relèverait du bon sens. Au moment où toutes les autres puissances du monde hors Union européenne connaissent la croissance, le vieux continent s’enfonce dans la récession.

Les Etats de l’UE ne sont toujours pas sortis d’affaire depuis la crise grecque, bien au contraire les crises s’enchaînent, se ressemblent et sont plus graves. Chypre, paradis fiscal de l’UE, paye les extravagances de son système bancaire et l’effacement de la dette grecque détenue à plus de 70% par des créanciers chypriotes. L’Espagne et le Portugal appliquent des politiques d’austérité qui mettent leurs populations sous perfusion. L’Italie sombre dans l’anarchie. L’Autriche, autre paradis fiscal européen, est prise dans la tourmente du secret bancaire… Pour ce qui est des puissances comme la France ou l’Angleterre, la montée du chômage atteint des niveaux record. La virtuose Allemagne est socialement divisée entre les régions riches et les régions pauvres. Moins de chômage, certes, mais moins de perspective à choisir le métier que l’on veut faire lorsqu’on est au chômage, avec un bonus pour le salaire de misère.

L’utopie européenne

Sans vouloir faire de l’anti européanisme primaire, l’Europe à 27 devient un handicap évident pour l’économie des Etats-membres. Il faut être euro-réaliste, ça ne fonctionne pas. Navré pour les pro-européens appelant à plus d’Europe, mais le grand Etat fédéral à l’américaine n’est qu’utopie à l’heure actuelle. Les niveaux de vie entre Etats-membres sont trop disparates. L’UE s’est agrandit trop vite, passant de 15 à 27 entre 2004 et 2007, sans tenir compte des disparités économiques évidentes entre les Etats. La zone Euro a admis des  pays qui n’auraient jamais dû y entrer tant qu’ils n’avaient pas atteint les mêmes niveaux socio-économiques des pays fondateurs.

Il est intéressant de se demander, à qui profite un tel élargissement ? Plusieurs éléments de réponse sont à notre portée. Outre le trafic humain de la prostitution, il y a le trafic alimentaire illustré par l’affaire de la viande de cheval mettant en lumière les réseaux mafieux ; les paradis fiscaux qui minent les budgets des Etats ; les délocalisations vers des pays à moindre coût au sein même de l’Union ; une zone de libre échange qui facilite la spéculation boursière et la concurrence inégale, pour ne citer que ceux-là. Les dirigeants européens devraient réfléchir à une autre Europe. Une zone économique qui se recentre entre puissances européennes pour relancer la croissance, et aide par la suite les autres Etats à atteindre un niveau équivalent leur permettant d’entrer dans cette nouvelle communauté  Or, il semble que nos bureaucrates de Bruxelles ne sont pas prêts à tirer les leçons de leurs échecs. La Commission européenne a déclaré le 26 mars dernier que la Croatie est prête à entrer dans l’Union européenne dès le 1er juillet prochain, devenant ainsi le 28e pays de l’Union européenne. Le rapport précise néanmoins que la Croatie doit intensifier ses efforts dans la lutte contre la corruption, la grande criminalité et le crime organisé… Quelle bonne nouvelle, plus on est de fous plus on rit.

 
Crédit photo : libre de droit
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